Le fonctionnement de l'entreprise, dans l'ère pré-internet, permettait d'analyser les temps de pause, les temps de travail, et les temps personnels. Par exemple, un salarié au téléphone avec son épouse laissait des traces dans les relevés de consommation téléphonique. Son absence du bureau pour un achat en ville, un pause café ou lecture des journaux, était visibles.
Dans le monde virtuel c'est un peu différent
Le salarié est bien planqué derrière son ordinateur, et il va si vite de switcher d'une appli à l'autre, que le salarié peut sans problème lire la presse en ligne, chatter, acheter, alors qu'il parait être en train de rédiger un rapport, répondre à un email pro, ... et tout cela sous le couvert de la protection de la vie privée.
Et pourtant, l'activité virtuelle laisse des traces bien réelles !
Les serveurs et les couches de gestion du trafic permettent aisément de filtrer les protocoles (ftp, http, smtp ...), les formats (html, vidéo, images, streaming, P2P ...) et les sources (facebook, twitter, lemonde, ....). En réalité, un salarié en train de lire le monde est aussi visible qu'un salarié avec le journal ouvert sur son bureau !.
Traçons l'activité numérique
Avec un peu moins d'hypocrisie, et un peu plus de règles dans l'entreprise,
j'entends par exemple le fait d'informer clairement que toute l'activité du salarié depuis son outil de travail professionnel (téléphone pro, ordi pro) est pistée, l'entreprise pourrait mieux contrôler le temps de travail de ses salariés. Sans pour autant lire le contenu des emails, il devrait être toléré que l'entreprise ait un relevé des destinataires d'emails, des temps de lecture d'emails par expéditeurs, des temps de connexion par source, par protocole, par formats ... Il ne s'agit pas d'établir une écoute illégale de l'activité numérique d'un salarié, mais d'effectuer une traçabilité de l'activité numérique avec une parfaite information préalable du salarié sur ce qui est controlé, et sur les méthodes de reporting.
J'invite à lire François Jeanne Beylot sur son blog, billet "internet perso au bureau", pour constater les dégâts sur la productivité pour les entreprise.
Bonne lecture, et à vos commentaires :-)
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